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RÉFLEXION ET QUESTIONNEMENT À PROPOS DE LA « CRISE SANITAIRE LIÉE À LA PANDÉMIE DE LA COVID 19 » par Patrick J. Brunet

Hormis les auteurs inspirés de la Bible, la Parole de Dieu révélée, peu d’auteurs retiennent mon attention et mon intérêt pour m’aider à m’inscrire dans ce monde en tant que chrétien, témoin et disciple du Christ. J’en retiens trois : Sören Kierkegaard, pour sa réflexion chrétienne au croisement des courants philosophiques et théologiques et sa lutte contre le système hégélien et l’église luthérienne instituée, Jacques Ellul, pour son positionnement chrétien dans la sphère intellectuelle et sociale et son éclairage sur la sacralisation du « système technicien » qui régit nos sociétés, et Henri Blocher pour sa rigueur intellectuelle et le déploiement d’une pensée riche et féconde enracinée dans la Parole de Dieu.

Je cite ce dernier interrogé récemment pour la Revue Réforme le 18 mars 2020 : « …le Nouveau Testament nous recommande : veiller. (…) L’assoupissement consiste à se livrer aux tendances spontanées, et souvent mauvaises, de notre nature humaine. Nous sommes appelés à lutter contre elles en cultivant la piété, la relation au Seigneur. “Celui qui a cette espérance en lui se purifie comme le Seigneur lui-même est pur”, écrit l’apôtre Jean. Cette préparation tend à nous faire avancer vers l’état qui sera le nôtre après la parousie, à lutter contre l’injustice et le mensonge qui nous atteignent. Il y a une image importante, chez Paul : nous sommes du jour, tandis que la nuit est le moment où on se laisse aller. C’est une invitation à adopter un style de vie éthique, discipliné, marqué par les pratiques de la piété, et qui s’oppose souvent aux modèles les plus courants autour de nous.» https://www.reforme.net/reflexions-crise-du-coronavirus/2020/03/18/fin-des-temps-theologie-et-survivalisme/

Après l’état de sidération dans lequel la « crise sanitaire » actuelle nous a plongés, de nombreuses questions se posent dont une principale à laquelle s’ajoutent des questions connexes.

Question principale :

1- Quel est le juste positionnement à adopter en tant que témoins et disciples du Christ vis-à-vis des autorités, de la société et de nos frères et sœurs en la foi ? 

Questions connexes :

2- Obéir aux autorités (respect des gestes barrière liés à la « crise sanitaire ») signifie-t-il accepter une certaine corruption des relations fraternelles ? N’est-ce pas laisser entrer l’ennemi dans l’Église, ou pire, laisser l’Église entre les mains de l’ennemi ?

3- Qu’y a-t-il derrière le mot « respect » avancé par certains justifiant ces gestes à adopter vis-à-vis des autres (c’est-à-dire porter un masque, respecter la « distanciation sociale », etc.) ? Le respect n’est-il pas un déguisement sous lequel sont cachées la peur ou la méfiance ?

4- Accepter la « distanciation sociale » vis-à-vis de mon frère ou de ma sœur en Christ ne signifie-t-il pas implicitement ou tacitement que chacun est susceptible de porter en lui un virus potentiellement contaminant, ce qui veut dire qu’en sein de la relation nous laissons place à un esprit de mort ?

Dialogue possible :

– Mais non, car j’ai en moi l’Esprit de Dieu !

– Bien, mais alors quel est le sens de cette distanciation ?

– C’est pour ne pas te faire courir le risque de souffrir parce que je t’aime. Je respecte la distance par amour pour toi. Là où il y a l’amour, il n’y a pas d’esprit de mort. Je porte un masque par amour pour toi.

– Soit, mais, selon moi, ces pratiques (port du masque, distanciation physique et autres) me semblent être le comble de la corruption des relations fraternelles et des relations humaines en général. C’est une victoire, voire un triomphe de l’ennemi.

5- Comment, en la circonstance, continuer d’être en relation avec l’autre comme le Seigneur Jésus le veut (Aime ton prochain comme toi-même) ? Que ferait Jésus à notre place ? Porterait-il un masque ? Demanderait-il à ses disciples d’en porter ?

6- N’y a-t-il pas lieu de nous interroger quant au fait d’accepter que s’installe entre l’autre et moi une sorte d’interdit, un esprit de suspicion et de mort ?

7- Le « principe de précaution » s’applique-t-il à l’Église de Jésus-Christ ?

8- « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5.29), ces paroles de Pierre et des apôtres peuvent-elles s’appliquer dans la situation actuelle, en d’autres termes : obéir à Dieu plutôt qu’aux autorités gouvernementales qui nous imposent des gestes barrière entre frères et sœurs en Christ ?

Ces quelques questions pour tenter d’y voir plus clair, pour ouvrir un débat et entendre, ensemble, ce que le Dieu de la Bible a à nous dire à ce sujet.

À présent, à vous la parole…

Amicalement en Christ,

Patrick

Mai 2020